27 mars 2010

La vie au quotidien


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Étant quelque peu à court de sujet et voyant les semaines défiler depuis notre dernier Blog, nous avons décidé de vous décrire sommairement une journée typique dans la vie de deux travailleurs australiens opérant dans un verger à Stanley.

Vendredi, 7h du matin, le cadran sonne. Il semble faire encore noir dehors, j'apperçois toutefois un faible rayon qui, péniblement, se fraye un chemin venant ainsi troubler ma vision matinale. Le peu de vie qui m'anime me porte davantage à rester au lit, je ''snooze''... 7h05, la lumière s'intensifie et tend à me faire sortir de ma torpeur. Je snooze... Je me colle contre Valérie, la chaleur de sa peau me permettant de somnoler l'instant d'un songe. 7h10, il faut qu'on se réveille!!! Nous nous habillons en vitesse, pantalons et chemises sales et délavées par l'utilisation quotidienne sous un soleil de plomb, bottes de travail et couvre chef.

Ralentis par le sommeil, l'animation matinale commence à peine à faire circuler la sang dans nos extrémités encore engourdient par la nuit. Nous avalons rapidement deux ou trois toasts ou un bol de céréales. Je regarde dans la pendrie; Ha!, il reste encore des bananes au gout de craie, si déçevantes soient-elles, elles bouchent un coin! 7h45, pas le temps de faire la vaiselle encore ce matin, nous empilons simplement assiettes et ustensiles sur les amoncèlements de la veille. Un tour aux toilettes pour se brosser les dents. 7h53, tous a bord du Capitaine et nous sommes en route vers Snowline Fruits.

8h la journée débute, nous comptons déja les minutes avant le ''smoko'', plus que 2h30 ou 150 minutes. Nous devons commencer, ce matin comme tous les matins de cette semaine, par cueillir des ''chestnuts''. La cueuillette des Fuji, prochaine variété de pommes arrivant à terme, ayant été retardé par les énormes quantités de pluie reçus durant le mois de février, nous devons concentrer nos efforts autre part. À quatre pattes dans l'herbe semi-longue, le sol humidifié par la nuit, nous partons à la recherche de ces horibles petites noix. Mes mains quelque peu enflées, souffrent encore de la cueuillette de la veille. Protégées par une carapasse épineuse, elles laissent des dizaines de résidus se logeant bien profondément dans les doigts. Nous pouvons continuer ainsi jusqu'à la fin de la journée ou nous lancer, après le ''lunch'' consommé à 12h30, dans la cueuillette de framboises, tout dépend de Henri. Il viendra habituellement, chevauchant son splendide VTT rouge pompier, nous informer de ses plans et des détails de la journée. Il entreprend généralement ce manège à la dernière minute, nous laissant ainsi dans l'ombre et l'ignorance jusqu'au dernier moment, il en va de même lorsqu'il est temps de terminer la journée une heure plus tard, soit à 4h au lieu de 3h.

La journée de travail se termine enfin et c'est vendredi, le vendredi avant la journée de travail du samedi.

Habituellement, après le travail nous irons courir un peu à travers la campagne avant de relaxer devant une bière ou un verre de vin.

Mais ce matin, 22 mars, nous ne sommes pas allés travailler, le cadran a bel et bien sonné, nous avons bel et bien déjeuné, mais ce matin Puss-puss n'était pas à la porte et elle n'est pas venue lorsque nous l'avons appellé. Je me suis installé au volant du van, prêt à partir, Valérie à ouvert la clôture. À peine une dizaine de mètres de parcouru et nous l'apperçevons, gisant sur le bas coté de la route, quasi intacte, sans vie.

''Ha non... Ha non...Fuck!!! PussPuss non...non!!! J'imobilise la voiture. Nous sortons en panique. Val court chercher Gwenda, mais il n'y a plus rien a faire. Je m'arrête devant la dépouille, je me demande s'il s'agit bien de notre Pussy-Fat; sans la vie, la petite chatte est difficile à reconnaître. Bien que j'arrive à peine à me convaincre, il n'y a pas de doute. Je prend une taie d'oreiller et mes gants de travail. Je la prend doucement et la dépose sur le tissus disposé sur le maccadam de la route. Le soleil encore jeune arrive à peine à réchauffer l'air. Son corps est raide et sa forme ne change point avec les déplacements que je lui impose. Je me dirige vers la maison, transportant le corps inanimé du petit chat, ma vision se brouille instantanément de larmes au moment ou je la tend à Gwenda.

Encore ébranler par les événements, Gwenda, Val et moi piochons la terre à travers roches et racines; lui creusant ainsi un endroit de repos, une tombe sous l'arbre ou quotidiennement, elle tentait vainement de mettre la patte sur un king parrot. Elle fut enterrer sur son ''purple pillow'', celui sur lequel elle avait l'habitude de faire ses siestes d'après-midi et une croix en bois d'eucaliptus ou tronent deux plumes d'encre miroitant un reflet bleuté, fut ériger en son souvenir.

La journée passant lentement, nous sommes allé au boulot, car Henri a bien pris le temps, avec toute l'empathie qui lui a été donné, de nous préciser que l'on travaillait pour une vraie entreprise et que l'on ne pouvait se permettre de manquer trop de temps. En ce qui me concerne; je passai la journée à me demander qui était le responsable de sa mort; en sachant très bien qu'il n'y en a sûrement aucun.

En fait je m'en voulais un peu, car hier en allant me coucher, j'ai entredu une voiture passé émettant un bruit sourd devant la maison. J'avais alors émis le souhait qu'il ne s'agisse pas de Puss-Puss. Val et moi avions alors convenus à un reflux d'échappement. Je suis tout de même allé l'appeller dehors, évitant d'aller voir sur la route. J'espère qu'elle n'aura pas souffert par ma négligence.

Happé de plein fouet elle n'a eu aucune chance, mais il faut dire qu'ici, les automobilistes ne font preuve que de peu d'égard envers les animaux traversant la route. Ayant l'impression d'être les doyens du monde, ceux qui font loi, ils ne freineront habituellement pas pour laisser une chance au pauvre animal.

1 commentaire:

  1. Juste en lisant "un faible rayon qui, péniblement, se fraye un chemin" je savais que c'est Phil qui écrivait! Très nice à lire encore une fois ce blog! Mais puré la deuxième partie était triste!

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