16 juin 2010

South Australia (et plus)



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Ça fait seulement 2 jours que nous avons terminés notre périple de 5 jours au travers de la nature tasmanienne et sommes maintenant de retour sur le mainland, dans la jolie ville de Melbourne. Mais avant d'aller plus loin, nous avons omis de vous raconter que la journée ayant suivi notre retour, ma tête a commencé à démanger intense et c'est grâce à une visite éclair à la pharmacie de Devonport que j'ai appris que j'avais contracté des poux! Donc, la veille de notre départ de la Tasmanie, il nous a fallu nous faire le traitement anti-poux recommandé par le pharmacien en plus de procéder à un méga clean-up de la van, des draps, de nos vêtements, etc... Méchante organisation de dernière minute pour des voyageurs en cavale! Mais, comme d'habitude, nous avons été très efficaces et y sommes arrivés à temps! Alors, de retour sur le mainland dis-je, nous avons assisté à un show en plein air gratuit tout près de Flinder Street Station, le festival de Jazz australien battant son plein. Un peu plus tard en soirée, nous avions fixer une rencontre avec notre ami André ayant aussi rejoint Melbourne, son trip tasmanien ayant prit fin. Nous avons passé une très belle soirée à jaser de tout et de rien avant de se dire aurevoir, André quittant le pays dans 3 semaines et nous continuant notre route dès le lendemain pour entamer la great ocean road avant de rejoindre Adélaïde.

La great ocean road est une route très touristique longeant l'Océan Pacifique, offrant des vues superbes à flanc de falaises. Notre navigation sur cette route s'est faite assez rapidement, le grand achalandage touristique semblant rimer avec la flambée des prix...

2 jours après avoir quittés Melbourne, tard en après-midi, nous atteignons la ville d'Adélaïde. Malgré l'heure tardive à laquelle nous arrivons, nous visitons tout de même un peu la ville question de s'impregner de la vibe urbaine. Depuis le début du voyage, Phil et moi avons une faiblesse lorsque nous atteignons une ville et c'est celle de toujours, mais toujours avoir envie de se payer une bonne bière dans un pub et d'aller manger dans un bon resto. Alors, chemin faisant dans la ville, nous croisons ce mignon petit pub, le ''Duck and Dog'', et s'y arrêtons pour y déguster un bon burger au poulet, avocats et mayonnaise épicée le tout accompagné d'une peinte d'Heineken. Emballés par notre souper, nous décidons de nous arrêter dans un autre pub croisé sur notre chemin et présentant un show acoustique live gratuit. La star de la soirée était un certain Joseph présentant un show à la saveur d'un Jack Johnson, mais en plus hyppie et avec la voix beaucoup plus grave. Phil et moi avons bien aimé son style et ses chansons relatant, pour la plupart, des souvenirs de son voyage en Afrique du Sud. Le lendemain, nous contactons notre ami Kim rencontré sur l'Overland, car il habite la ville et il nous avait proposé de s'arrêter lui rendre visite lorsque nous passerions. Notre arrêt s'est prolongé suite à son invitation de rester pour souper et son partage de quelques verres de bière brassée maison. Le lendemain matin, nous quittons la ville pour se rendre dans les Flinders Range, un parc national au centre du territoire du sud australien.

Arrivés là-bas, cela ne nous prend pas de temps à se rendre compte que, sans un 4x4, ce parc ne vaut pas vraiment la peine d'être visité... Effectivement, toutes les routes permettant d'atteindre les marches les plus intéressantes ne sont aucunement navigables sans un 4x4. De l'entrée à la sortie du parc, des pancartes bordent la route et laissent connaître aux visiteurs les conditions routières. Malgré tout, Phil et moi entreprenons une petite marche assez relaxe la ''wilpeana pound'', celle-ci nous menant à un lookout ne nous permettant aucunement d'observer le paysage qui devrait s'offrir à nous. Très décevant! Le point positif de cette visite aura été notre rencontre avec un couple de retraités très sympathiques nous ayant offert, après une bonne demi heure de conversation, de s'arrêter à leur résidence pour un bon souper lorsque nous passerons dans leur coin, aux environs de Noosa sur la côte Est. Une journée passée dans ce parc et nous avons l'impression de tourner en rond, mais la route ne nous permettant pas de rejoindre notre prochaine destination sans faire demi-tour, nous devons nous retapper les 200 quelques kilomètres qui nous permettront de rejoindre, pour une deuxième fois en trois jours, Port Augusta avant d'entamer les 600 quelques kilomètres nous séparant de notre prochaine destination, Coober Pedy, la ville de l'opal australienne par excellence.

En arrivant à coober, nous nous sentons tout de suite dépaysés. La ville étant majoritairement enfouie sous la terre nous laisse apperçevoir un paysage désertique digne de Star Wars. Aussi faut-il souligner la grande population aborigène, très peu côtoyée jusqu'à présent, vagabondant tels des sans-abris sur la rue principale de la ville. C'est très bizarre lorsque nous rencontrons des aborigènes, car la plupart d'entres-eux n'ont aucune interactions avec les autres nationalités. Lors de notre passage éclair d'une journée, nous effectuons la visite d'une ancienne mine sous-terraine d'opal changée en musée. Les casques que nous portons sur certaine photos nous ont, à quelques reprises, sauvés d'une puck sur le front, le plafond étant à quelques endroits très bas. Outre ce musée, notre découverte de coober se résume à avoir passés la journée à visiter les différents magasins d'opal bordant la rue principale, une église catholique sous-terraine, la visite d'un orphelinat de kangourous et un arrêt rapide à l'église serbe, sous-terraine aussi bien sûr!

Notre plan de base était de se rendre à Alice Spring après notre visite de coober, mais puisque le temps qui nous restait jusqu'à la plongée avec les grands requins blancs de Phil nous semblait trop court, et puisque nous voulions maximiser notre temps de voyagement sur la côte Ouest, nous avons plutôt pris la décision de redescendre vers Port Augusta (encore une fois!!!) avant de se rendre sur la Pénisule de Eyre. Pour souligner notre troisième visite en moins d'une semaine à Port Augusta, nous nous sommes gâtés de délicieuses pâtisseries d'une bakery gérée par des asiatiques et se nommant ''the french bakery''...? Nous nous sommes achetés une boîte contenant 5 délicieux dessert: un caramel slice (très populaire en Australie), un fruit flam, un croissant fourré aux pommes et à la crème fraîche, un beignet aux pommes et une danoise aux pommes. Un délice! Chemin faisant, nous atteignons la première ville de la péninsule d'Eyre, Whyalla. Cet endroit est reconnu pour la colonie de cuttle fish venant se reproduire 2 mois par année dans les eaux entourant la ville. Arrivant pile durant cette période, Phil et moi nous sommes empressés de se rendre à l'endroit destiné à l'observation de l'espèce et y avons fait une session de snorkling vraiment impressionnante!!! Ces créatures ressemblant étrangement à un mélange de poulpe et de poisson ont cette particularité de changer de couleurs pour attirer la femelle. En quelques secondes, ils peuvent tourner du turquoise au rose et du rose à la couleur sable, tout ça en faisant aller leurs nageoires qui ressemblent à de la dentelle. C'était superbe! Mais, bad-luckés que nous sommes, lors de cette séance de plongée, la caméra de Phil, expressément achetée pour ses capacités à prendre des photos sous l'eau, s'est brisée et a trop prit d'eau pour sa capacité. Vraiment dommage en plus que c'était sensiblement la première fois qu'il en faisait l'utilisation et que Whyalla était la toute première ville d'une série d'endroits reconnus pour y faire de la plongée sous-marine. Pour faire une histoire courte, il faut attendre que la compagnie Olympus le contacte sur notre cellulaire afin de décider d'un endroit ou envoyer l'appareil réparé et ou il nous sera possible de le récupérer. Mais étant donné que, le réseau cellulaire ne soit pas très développé ici, dépendamment de l'endroit ou nous nous trouvons, disons que... aucun appel concernant cette affaire a fait sonner le téléphone jusqu'à présent.

Fans d'huîtres fraîches et passant à côté de Cowell, une ville reconnue pour sa grande industrie d'huîtres, nous nous achetons deux douzaines pour pas cher. Nous dégustons la première sur l'heure du dîner à Port Neill assis devant la mer, avec un soupçon de jus de citron, une goutte de tabasco, quelques frites et un bon verre de sparkling wine pour ma part et de bière pour Philou.

Après le dîner, l'estomac bien plein, nous reprenons la route, direction Port Lincoln pour la plongée avec les grands blancs de Phil. Nous recroisons un groupe de français rencontré par hasard dans les toilettes publiques à Whyalla deux jours auparavant et avec qui nous allons prendre une bière dans un pub quesiton de faire plus amples connaissances.. Le lendemain matin, nous nous apperçevons que monsieur le Capitaine perd de l'huile... Nous nous rendons dans un garage et après une vérification sans frais (!!!) nous faisons rassurer que le mal n'est pas si grave, que nous pouvons continuer notre route sans craindre que la condition de notre chère voiture empire, il nous faut simplement vérifier le niveau d'huile de manière assidue et de continuer à faire nos changements d'huile aux 5000 kilomètres. 500 dollars dans nos poches et l'esprit tranquille. Nous nous dirigeons dans le Lincoln National Parc et faisons d'ailleurs notre changement d'huile avant de faire une petite marche en bord de mer nous menant à un phare. De retour de la marche, nous nous installons à une table de pic-nic et dégustons notre deuxième douzaine d'huîtres achetées la veille et bien conservées grâce à une boîte isolée et garnie de glace achetée à la poissonnerie la veille aussi. Après, nous allons nous installer sur la beach et relaxons quelques heures. En fin de journée, nous retournons au van et rencontrons nos amis les français sans que cela ne soit prévu! Trop drôle! Le lendemain matin, c'est le jour ''J'' pour Phil puisqu'il s'en va plonger avec ses requins, expérience qu'il a adoré et à propos de laquelle il vous a concocté un texte dont il sera question dans quelques lignes. Moi, puisque j'avais une journée complète à moi toute seule (YAHOOOOOO!!!!), je me suis planifiée une journée toute aussi excitante pour une fille en voyage depuis 6 mois et demi: UNE JOURNÉE POUPOUNE!!! C'est-à-dire que je suis allée me faire couper les cheveux, que j'ai pris le temps de magasiner, d'aller m'installer avec des revues à potins dans un pub et siroter une bière, etc, etc... Très bien-faisante comme journée! Bon, l'heure est maintenant venue de connaître l'histoire de Phil et les grands blancs! Bonne lecture et je vous retrouve après...

Plongée en cage avec les Grands Requins Blancs ou ma rencontre avec un tueur.

Bien qu'il ait fallût m'y prendre à deux reprises et débourser plus de 750$ australien en fin de ligne pour pouvoir n'apperçevoir qu'un seul requin blanc... l'expérience en vallut totalement toutes les peines. Je vous épargnerai ainsi les détails quelques peu ennuyeux de ma première journée en mer consistant principalement à nourrir des goélants et dans l'ensemble à attendre... et encore attendre...

Après l'échec monumental du vendredi qui me laissa un goût amer en bouche, je n'avais plus qu'une idée en tête. Obsédé; je devais retourner dans cette cage et apperçevoir un grand requin blanc. J'étais bien décidé à refaire le paris autant de fois qu'il le fallut dans l'espoir d'apperçevoir la bête. La deuxième journée en mer ne fut toutefois pas de tout repos. L'océan était très agité, des vents de 40 noeuds soufflaient sur la coque, créant des remous impressionnants, faisant tressauter le navire. Malgré les conditions climatiques défavorables; il ne nous suffit que de 2h30 pour parcourir la distance séparant Port Lincoln et les eaux avoisinantes North Neptune Island. Une fois le bateau ancré, l'équipage ne perdit pas une seconde jettant par dessus bord sang, huile et tripes de thon dans l'espoir d'appâter un squale. Je fis fi des explications préalables, ayant eu plus que ma dose le Vendredi précedant, j'allai plutot enfiler ma combinaison étanche, espérant ainsi faire partie du premier groupe à sauter dans la cage.Le temps était à l'orage, le ciel gris perlait sans relâche et nous, nous attendions, fixant la mer attentivement. Soudain Trevor, un autralien rencontré deux jours auparavent lors de ma première plongé, s'écria de sa voix portante: '' SHARK!!!!!''. En effet un requin blanc d'environ 3 mètres et demi 4 mètre, s'attaqua sans vergogne à l'appat, n'en laissant que la ligne. Aucun temps ne fut perdu et le premier groupe constitué de moi, Trevor et sa femme Véronika et d'un Irlandais dont je ne peux me rappeller le nom, se retrouva à l'eau.

Sous l'eau c'est un silence apaisant qui m'attend, brisé sporadiquement par l'air s'échapant de mon inalateur. Mes yeux se balladent de droite à gauche et scrutent les fonds marins, tentant d'apercevoir un grand blanc. L'eau était d'un bleu d'encre, les vagues battant la surface, rendant la mer trouble, lui donnait ainsi des allures terrifiantes Soudainement; une silhouette se dessina à dix mètres de la cage, droit devant moi. Toujours difficile a discerner parmis tous les remous, il se dirige toutefois lentement vers l'un des appas, un mètre à peine devant la cage.Je fut immédiatement impressionné et même captivé par la physionnomie de l'animal, à le voir ainsi il n'est pas étonnant que de nombreuses personnes n'osent pas se baigner dans l'océan. Il n'a que quatres mètres de long, ce qui est peu considérant que certains requins blancs peuvent atteindre les huit mètres, mais il n'en est pas moins impressionnant. Avec agillité et vitesse il s'élance sur les morceaux de Thon, l'équipage tentant bien que mal de les subtilliser à l'animal à l'aide des cordes auxquels ils sont rattachés. Le but n'étant pas de nourrir le requin, mais bien de l'apater simplement.Mais après quelques instants le requin semble se lasser de ce jeu, s'intéressant davantage à la cage et par le fait même à ses occupants. Venant froller très lentement l'armature métallique à plusieurs reprises nous regardant, par simple curiosité. Des yeux d'un noir profond trahissant une intelligence et une vivacité d'esprit indéniable. Sans agressivité ou animausité apparente, il nous encerclait, nous étudiait et nous pesait avec attention, créant ainsi une réelle intérraction d'une complexité qui dépasse ici les limites de mon vocabulaire.

Des coups sont donnés sur la cage, notre temps est écoulé, 45 minutes qui en ont semblées 5. Le groupe suivant entre dans l'eau et l'apperçoit moins d'une minute, avant que le grand blanc, blasé de ce jeux quelque peu barbare, rejoigne les profondeurs pour ne plus réaparraître de la journée. Le retour fut éprouvant pour certains, la température ne s'étant pas améliorée au cours de la journée; la coque du bateau cognant violemment les vagues, me soulevant de ce fait régulièrement de mon siège. Le mal de mer s'étant propagé comme la peste sur le bateau tout au long de la journée, la majorité des gens passant ainsi du blanc livide au vert cramoisie. Pour ma part je m'enfile quelques bières célébrant joyeusement ma journée! Et quelle journée!!!

OUF!!! Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me donne vraiment des frissons... Question de me délecter de la présence de mon homme et surtout qu'il soit revenu saint et sauf de son excursion, le lendemain matin, nous nous sommes payés un déjeuner sur une terrasse et avons passé une journée relaxe à se promener dans les rues de Port Lincoln. Après la deuxième plongée de Phil, nous quittons Port Lincoln fins prêts à affronter la traversée du désert du Nularbor. Mais avant de s'y rendre, nous nous arrêtons dans la petite ville de Ceduna. Une petite famille que nous avions croisée à coober pedy nous avait parlé d'un orphelinat de wombats se trouvant dans cette ville et nous avions vraiment envie d'aller voir ces bêtes et même avoir la chance de les prendre dans nos bras et de les cajoler. Excellent comme moment!

On vous retrouve bientôt avec la suite, 10/4!
''Hibou-Phil'' et Val

3 juin 2010

The Overland Track! ou 5 jours dans l'bois






http://picasaweb.google.ca/tripboutdumonde/THEOverlandTrackCradleMountainToLakeStClair#

L'Overland Track, reliant Cradle Mountain à Lake St-Clair est l'une des marches les plus populaires d'Australie, elle est même classée, selon plusieurs sites internet, comme l'un des dix trecks à effectuer dans une vie. Cette piste, permettant d'apprécier certains des endroits les plus reculés de la Tasmanie, s'étale sur une distance de 85 km; à celà s'ajoutent de nombreux parcours alternatifs permettant de prolonger l'expérience. En progressant de manière régulière; il est envisageable de franchir chacune des étapes dans un delais raisonnable de 5 à 8 jours. Il faut toutefois garder en tête que la nature imprévisible de la température tasmanienne peut permettre une importante chute de neige ou une pluie de grèle, à tout moment, qui vous empêchera de progresser le long du trajet et ce, même en plein été.

À la veille du départ, nous hésitions encore à nous lancer dans une telle aventure. En effet, la météo annonçait des températures froides à peine au dessus du point de congélation. À celà se melait des avertissement de vents violents et d'averses allant en s'intensifiant tout au long de la semaine et dieu sais quoi encore. Le probleme étant que nous devions entreprendre la marche le 1er mai pour deux raisons. Premièrement, à partir de cette date, nous n'avions plus à débourser les 160$ requis pour parcourir l'intégralité de la piste. La fin du mois d'avril marquant la fin de la saison haute et la gratuité du parcours. Deuxièmement, notre temps en tasmanie était dès lors compté, sept jours restant, celà ne nous laissait que très peu de temps pour parcourir les nombreux killomètres séparant Cradle Mountain de Lake St-Clair.

Jour 1

À l'aurore, la météo était toutefois clémente, la décision fut alors prise de faire fit des avertissements climatiques et de nous lancer tête baissée dans l'aventure. Après quelques mises en gardes de la part des rangers et autres travailleurs du Parc National; sacs à dos bien ajustés, nous effectuons nos premiers pas. À peine cinq cent mètres parcouru que nous apperçevons un énorme wombat, 50 mètres sur notre gauche. L'animal avide de nouriture se camoufle bien que mal dans un champs de ''button grass''; nous l'appercevons ainsi se trémoussant à la manière d'un chien espérant par le fait même se débarasser de l'excès d'eau georgeant son poil. Pris de stupeur et d'émerveillement je fus dans l'incapacité d'atteindre ma caméra à temps pour ainsi capter ce moment magique. Mais la magie, ça a ben l'air que ça dure juste un temps... Le terrain qui jusqu'à présent ne nous présentait que de faibles ascenssions commença rapidement à faire parraître ses escarpements rocheux devenant quelque peu glissant sous la faible bruine. Chargé de 40 à 50 lbs de provisions et de matériel, l'ascenssion de Cradle Mountain ne se fit pas sans peine! Rochers acérers, falaises et paroies abruptes dépeignaient très bien le paysage fantomatique que nous avions à traverser. Mais l'effort et l'épuisement furent récompensés, car bien que brumeux, le sommet dévoilait sous sa jupe blanchâtre des points de vue surréalistes sur les territoires environnants.

Après près de cinq heures de durs labeurs, nous atteignons enfin Water Valley hut, le premier chalet d'importance sur le trajet. L'overland Track compte sur son parcours régulier 7 huts plus ou moins modernes. Chacunes d'elles étant équipées de lits de camps supperposés sans matelas, d'un coin cuisine et d'une source d'eau potable permettant de se renflouer ses provisions. Il ne faut dans aucun cas faire fit des foyers; qui fonctionnant sans relâche permettaient de faire sécher nos vêtements de marche ainsi que de réchauffer nos corps généralement exposé à des températures de moins de 5 degrés Celcius. Mais cet arrêt ne fut que provisoire, devant combiner les deux premières journées de marche pour effectuer l' Overland dans les temps prévu, nous devions rapidement nous remettre en route. Trois heures supplémentaires furent nécessaires pour atteindre la seconde hut. Exténués, nous fîmes notre entrée dans le chalet ou nous attendaient déjà trois autres personnes. Il y avait Kim et James deux australiens habitant respectivement Adélaide et Canberra, et Yanz un Allemand ayant passé, selon ses dires, plus de temps à voyager autour du monde que dans son propre pays. À ceux-ci s'ajoutèrent les deux Jérémi deux Français sous prescription de canabis. Nous passâmes la soirée à participer à des jeux plus ou moins ludiques avec nos confrères de randonnée.

Jour 2

Notre deuxième journée sur l'overland track fut grandement marquée par le mauvais temps. La pluie abondante ruisselant violemment le long des pistes innondant les sentiers, créant ainsi de profonds lacs de boue atteignant quasiment, lors de leur traversée, la hauteur des genoux. Venant se mêler à cette pluie; une température froide, à peine au dessus du point de congélation, georgée d'humidité provoquant par moment des épisodes de grèle plus ou moins violentes qui semblaient s'abattre sur nous uniquement lorsque nous franchissions les sections les plus à découvert. La progression le long des sentiers fut lente et difficile, le poids des sacs venant s'ajouter à notre misère. Je portais sur mon dos depuis la mi-journée de la veille, en plus de mon propre équipement qui incluait la tente, l'ensemble de pot de cuisson ainsi que le sac de couchage de Val, espérant ainsi la soulager quelque peu de la pression accablante que tout ce poids infligeait à ses épaules.

Heureusement notre deuxième journée n'était pas la plus longue, après près de six heures de galère en pleine forêt, nous apperçûmes finalement new pelion hut, un chalet récent et très spacieux pouvant offrir refuge à de nombreux randonneurs. Elle était toutefois encore vide en ce début d'après-midi, seules quelques pièces d'équipement laissées ça et là trahissaient la présence d'autres marcheurs certainement partient pour une courte marche. Nous nous installâmes à notre aise habitant cette hut du contenus de notre sac à dos. Nous partimes le foyer et mîmes nos vêtements à sécher et nos os à réchauffer. Kim arriva sensiblement au même moment, traînant son poids d'un pas lourd, nous lui offrimes une tasse de café bien chaude.

Ce fut ce même soir que nous fimes la rencontre de André un Allemand de la région d'Hambourg. Après quelques échanges, il fut proposé qu'il nous accompagne, dès le lendemain matin, pour la suite du trajet.

Jour 3

Après une très mauvaise nuit de sommeil du à un homme ronflant à la manière d'un wombat et ce du soir au matin, Ha les joies de dormir en dortoirs!, nous primes la route décidés à effectuer notre plus longue journée sur l'overland; environ neuf heures. Heureusement la journée s'annonça clémente, le ciel était dégagé et le soleil, malgré l'heure matinale, venait déja nous taquiner le visage. Après un peu moins de deux heures de marche, nous atteignimes, à la croisée des chemins, la piste alternative permettant d'effectuer l'ascenssion du Mt. Ossa, culminant à 1 617m, il est le plus haut de Tasmanie. Il faut savoir qu'il est plutôt rare de pouvoir en faire l'ascenssion, son sommet étant plus de 300 jours par année soumis à des vents violents ou recouvert d'un épais voile de nuage. Nous laissâmes donc nos sacs à dos au pied de la montagne, tels des astronautes en état d'apesanteur, légés comme l'air, nous entreprîmes la montée. La température froide des derniers jours avait laissé sa trace sur la montagne, neige et glace glaçait le paysage, les sentiers étant abruptes, ils devenaient d'autant plus dangeureux. Nous primes alors la décision de groupe de stopper l'ascenssion et rebrousser chemin. Regardant sporadiquement par dessus mon épaule je fus soudainement pris de la fièvre du sommet, il était dès lors impossible dans mon esprit de tourner le dos au sommet sans l'avoir tout d'abord vaincu. ''Val je vous rejoint à la prochaine hut! Si je ne suis pas là une trentaine de minutes après votre arrivée continuez sans moi, je vous rattrapperez!'' Sans un regard en arrière, je m'élancai et effectuai l'ascenssion en un temps record dépassant tous les marcheurs téméraires effectuant l'ascenssion. La vue qu'offra le sommet vallu tous les effort et les risques combinés. Un paysage splendide s'étendant jusqu'à l'océan ou les plus hauts pics de la Tasmanie compétitionnaient les uns contre les autres pour leur parcelle de soleil.

Il ne me suffit que d'une cinquantaine de minutes pour redescendre les 1600 mètres de dénivelés abrutes qu'acusait les flancs du Mont Ossa; travaillant mon chemin jusqu'à la base à la manière d'un singe, utilisant tant la paume de mes mains que celle de mes pieds. J'arrivai à Kia Ora, la hut suivante sur le trajet, à peine cinq minutes après Val, blanchit par l'épuisement. Nous primes une tasse de soupe bien chaude avant de reprendre la route. Malgré l'heure déja tardive, nous avions l'impression de pouvoir atteindre Windy Ridge, un chalet moderne et spacieux, avant la tombée de la nuit. Ce fut une TRÈS mauvaise décision, car étant épuisés, la traversée des sentiers boueux fut pénible. Nous tentames tout de même de rassembler le peu d'énergie restante, allant même jusqu'à courir sur certaines sections espérant ainsi maximiser la clareté du jour. La lumière disparaissant rapidement, celà ne fut pas bien long avant que l'on se retrouve dans une obscurié croissante. Le moral fut alors à son plus bas. Le terrain étant très mal balisé; il s'en fut de peu pour que nous perdions notre chemin à quelques reprises, la forêt se plaisant à nous montré des détours inutiles. Se repérant en grande partie par les empreintes de pas laissé par des marcheurs, nous trouvament finalement notre chemin jusqu'à Windy Ridge, après un peu moins de 1h30 à galérer dans une noirceur complète.

Comme résultats de cette mésaventure nous pouvons compter entre autre une ou deux crises de paniques de la part de coquine Valérie. De plus, André, notre ami Allemand, avait développé un début de pieds de tranchée, ses bottes ayant été georgées d'eau toute la journée. Une douleur aigue et une diffulculté à bouger ses pieds en furent les symptomes principaux, il passa la nuit près du feu; essayant ainsi de les faire sécher et par le fait même désenfler.

Jour 4

André va mieux ce matin après avoir passé la nuit près du feux, ses pieds ont retrouver leur taille normale, il doit toutefois les bander car d'énormes ampoules ont fait leur apparition aux endroits les plus sensibles. Exténuer des efforts de la veille, nous prenons la route à 11h15 am, décidé à ne parcourir uniquement que les trois heures de marche nous séparant de Narcissus Hut, prochain chalet sur notre trajet. Cette décision fut renforcée par une pluie naissante que nous rencontrâmes quelque part au long du trajet et qui finalement persévéra une bonne partie de la nuit. Cette journée anormalement courte, étant alors habituer de débuter nos journées de marche vers les 8h pour arriver au campement un peu avant la tombée de la nuit, nous aura permis de rencontrer Cass et Kate et de découvrir qu'André trimballait depuis le premier jours une guitare dans son bardas!?!? Nous passâmes la soirée au chaud à chantonner les succès des Beatles. La nuit ne fut toutefois pas aussi agréable que sa prélude, car constament réveillés par les cris et les acrobaties des souris en voulant à nos réserves de nourritures, le sommeil en souffrit beaucoup.

Jour 5 (6)

Lors de notre dernière journée sur l'Overland nous parcourûmes les 15 killomètres de sentier longeant le Lake St-Clair, avant d'arriver heureux à 12h30 au centre d'interprétation. Sans ressource pour retrouver notre véhicule se trouvant au commencement du parcours, nous dûmes lever le pouce dans l'espoir d'être pris en passagers par un bon samaritain. Nous travaillâmes notre chemin avec assez d'aisance jusqu'à Cradle Mountain, embarquant dans un premier temps abord d'un autobus guidé, participant par le fait même au parcours organisé. Nous dûmes toutefois nous arrêter pour la nuit dans un motel. Le lendemain matin ce fut un fan de musique disco qui nous offrit un transport, nous laissant à 40 km du Parc National. Bien décidés à nous rendre la journée même, nous commençames à marcher, les autos se faisant rares sur cette route secondaire. Deux heures et plus de 15 killomètre plus loin nous fûmes ramassés par un sympatique couple de retraités se rendant au parc pour la journée!

Quel chance, car la temps était à l'orage, Ha la température Tasmanienne!

Phil et Chevelure (Val)