3 juin 2010

The Overland Track! ou 5 jours dans l'bois






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L'Overland Track, reliant Cradle Mountain à Lake St-Clair est l'une des marches les plus populaires d'Australie, elle est même classée, selon plusieurs sites internet, comme l'un des dix trecks à effectuer dans une vie. Cette piste, permettant d'apprécier certains des endroits les plus reculés de la Tasmanie, s'étale sur une distance de 85 km; à celà s'ajoutent de nombreux parcours alternatifs permettant de prolonger l'expérience. En progressant de manière régulière; il est envisageable de franchir chacune des étapes dans un delais raisonnable de 5 à 8 jours. Il faut toutefois garder en tête que la nature imprévisible de la température tasmanienne peut permettre une importante chute de neige ou une pluie de grèle, à tout moment, qui vous empêchera de progresser le long du trajet et ce, même en plein été.

À la veille du départ, nous hésitions encore à nous lancer dans une telle aventure. En effet, la météo annonçait des températures froides à peine au dessus du point de congélation. À celà se melait des avertissement de vents violents et d'averses allant en s'intensifiant tout au long de la semaine et dieu sais quoi encore. Le probleme étant que nous devions entreprendre la marche le 1er mai pour deux raisons. Premièrement, à partir de cette date, nous n'avions plus à débourser les 160$ requis pour parcourir l'intégralité de la piste. La fin du mois d'avril marquant la fin de la saison haute et la gratuité du parcours. Deuxièmement, notre temps en tasmanie était dès lors compté, sept jours restant, celà ne nous laissait que très peu de temps pour parcourir les nombreux killomètres séparant Cradle Mountain de Lake St-Clair.

Jour 1

À l'aurore, la météo était toutefois clémente, la décision fut alors prise de faire fit des avertissements climatiques et de nous lancer tête baissée dans l'aventure. Après quelques mises en gardes de la part des rangers et autres travailleurs du Parc National; sacs à dos bien ajustés, nous effectuons nos premiers pas. À peine cinq cent mètres parcouru que nous apperçevons un énorme wombat, 50 mètres sur notre gauche. L'animal avide de nouriture se camoufle bien que mal dans un champs de ''button grass''; nous l'appercevons ainsi se trémoussant à la manière d'un chien espérant par le fait même se débarasser de l'excès d'eau georgeant son poil. Pris de stupeur et d'émerveillement je fus dans l'incapacité d'atteindre ma caméra à temps pour ainsi capter ce moment magique. Mais la magie, ça a ben l'air que ça dure juste un temps... Le terrain qui jusqu'à présent ne nous présentait que de faibles ascenssions commença rapidement à faire parraître ses escarpements rocheux devenant quelque peu glissant sous la faible bruine. Chargé de 40 à 50 lbs de provisions et de matériel, l'ascenssion de Cradle Mountain ne se fit pas sans peine! Rochers acérers, falaises et paroies abruptes dépeignaient très bien le paysage fantomatique que nous avions à traverser. Mais l'effort et l'épuisement furent récompensés, car bien que brumeux, le sommet dévoilait sous sa jupe blanchâtre des points de vue surréalistes sur les territoires environnants.

Après près de cinq heures de durs labeurs, nous atteignons enfin Water Valley hut, le premier chalet d'importance sur le trajet. L'overland Track compte sur son parcours régulier 7 huts plus ou moins modernes. Chacunes d'elles étant équipées de lits de camps supperposés sans matelas, d'un coin cuisine et d'une source d'eau potable permettant de se renflouer ses provisions. Il ne faut dans aucun cas faire fit des foyers; qui fonctionnant sans relâche permettaient de faire sécher nos vêtements de marche ainsi que de réchauffer nos corps généralement exposé à des températures de moins de 5 degrés Celcius. Mais cet arrêt ne fut que provisoire, devant combiner les deux premières journées de marche pour effectuer l' Overland dans les temps prévu, nous devions rapidement nous remettre en route. Trois heures supplémentaires furent nécessaires pour atteindre la seconde hut. Exténués, nous fîmes notre entrée dans le chalet ou nous attendaient déjà trois autres personnes. Il y avait Kim et James deux australiens habitant respectivement Adélaide et Canberra, et Yanz un Allemand ayant passé, selon ses dires, plus de temps à voyager autour du monde que dans son propre pays. À ceux-ci s'ajoutèrent les deux Jérémi deux Français sous prescription de canabis. Nous passâmes la soirée à participer à des jeux plus ou moins ludiques avec nos confrères de randonnée.

Jour 2

Notre deuxième journée sur l'overland track fut grandement marquée par le mauvais temps. La pluie abondante ruisselant violemment le long des pistes innondant les sentiers, créant ainsi de profonds lacs de boue atteignant quasiment, lors de leur traversée, la hauteur des genoux. Venant se mêler à cette pluie; une température froide, à peine au dessus du point de congélation, georgée d'humidité provoquant par moment des épisodes de grèle plus ou moins violentes qui semblaient s'abattre sur nous uniquement lorsque nous franchissions les sections les plus à découvert. La progression le long des sentiers fut lente et difficile, le poids des sacs venant s'ajouter à notre misère. Je portais sur mon dos depuis la mi-journée de la veille, en plus de mon propre équipement qui incluait la tente, l'ensemble de pot de cuisson ainsi que le sac de couchage de Val, espérant ainsi la soulager quelque peu de la pression accablante que tout ce poids infligeait à ses épaules.

Heureusement notre deuxième journée n'était pas la plus longue, après près de six heures de galère en pleine forêt, nous apperçûmes finalement new pelion hut, un chalet récent et très spacieux pouvant offrir refuge à de nombreux randonneurs. Elle était toutefois encore vide en ce début d'après-midi, seules quelques pièces d'équipement laissées ça et là trahissaient la présence d'autres marcheurs certainement partient pour une courte marche. Nous nous installâmes à notre aise habitant cette hut du contenus de notre sac à dos. Nous partimes le foyer et mîmes nos vêtements à sécher et nos os à réchauffer. Kim arriva sensiblement au même moment, traînant son poids d'un pas lourd, nous lui offrimes une tasse de café bien chaude.

Ce fut ce même soir que nous fimes la rencontre de André un Allemand de la région d'Hambourg. Après quelques échanges, il fut proposé qu'il nous accompagne, dès le lendemain matin, pour la suite du trajet.

Jour 3

Après une très mauvaise nuit de sommeil du à un homme ronflant à la manière d'un wombat et ce du soir au matin, Ha les joies de dormir en dortoirs!, nous primes la route décidés à effectuer notre plus longue journée sur l'overland; environ neuf heures. Heureusement la journée s'annonça clémente, le ciel était dégagé et le soleil, malgré l'heure matinale, venait déja nous taquiner le visage. Après un peu moins de deux heures de marche, nous atteignimes, à la croisée des chemins, la piste alternative permettant d'effectuer l'ascenssion du Mt. Ossa, culminant à 1 617m, il est le plus haut de Tasmanie. Il faut savoir qu'il est plutôt rare de pouvoir en faire l'ascenssion, son sommet étant plus de 300 jours par année soumis à des vents violents ou recouvert d'un épais voile de nuage. Nous laissâmes donc nos sacs à dos au pied de la montagne, tels des astronautes en état d'apesanteur, légés comme l'air, nous entreprîmes la montée. La température froide des derniers jours avait laissé sa trace sur la montagne, neige et glace glaçait le paysage, les sentiers étant abruptes, ils devenaient d'autant plus dangeureux. Nous primes alors la décision de groupe de stopper l'ascenssion et rebrousser chemin. Regardant sporadiquement par dessus mon épaule je fus soudainement pris de la fièvre du sommet, il était dès lors impossible dans mon esprit de tourner le dos au sommet sans l'avoir tout d'abord vaincu. ''Val je vous rejoint à la prochaine hut! Si je ne suis pas là une trentaine de minutes après votre arrivée continuez sans moi, je vous rattrapperez!'' Sans un regard en arrière, je m'élancai et effectuai l'ascenssion en un temps record dépassant tous les marcheurs téméraires effectuant l'ascenssion. La vue qu'offra le sommet vallu tous les effort et les risques combinés. Un paysage splendide s'étendant jusqu'à l'océan ou les plus hauts pics de la Tasmanie compétitionnaient les uns contre les autres pour leur parcelle de soleil.

Il ne me suffit que d'une cinquantaine de minutes pour redescendre les 1600 mètres de dénivelés abrutes qu'acusait les flancs du Mont Ossa; travaillant mon chemin jusqu'à la base à la manière d'un singe, utilisant tant la paume de mes mains que celle de mes pieds. J'arrivai à Kia Ora, la hut suivante sur le trajet, à peine cinq minutes après Val, blanchit par l'épuisement. Nous primes une tasse de soupe bien chaude avant de reprendre la route. Malgré l'heure déja tardive, nous avions l'impression de pouvoir atteindre Windy Ridge, un chalet moderne et spacieux, avant la tombée de la nuit. Ce fut une TRÈS mauvaise décision, car étant épuisés, la traversée des sentiers boueux fut pénible. Nous tentames tout de même de rassembler le peu d'énergie restante, allant même jusqu'à courir sur certaines sections espérant ainsi maximiser la clareté du jour. La lumière disparaissant rapidement, celà ne fut pas bien long avant que l'on se retrouve dans une obscurié croissante. Le moral fut alors à son plus bas. Le terrain étant très mal balisé; il s'en fut de peu pour que nous perdions notre chemin à quelques reprises, la forêt se plaisant à nous montré des détours inutiles. Se repérant en grande partie par les empreintes de pas laissé par des marcheurs, nous trouvament finalement notre chemin jusqu'à Windy Ridge, après un peu moins de 1h30 à galérer dans une noirceur complète.

Comme résultats de cette mésaventure nous pouvons compter entre autre une ou deux crises de paniques de la part de coquine Valérie. De plus, André, notre ami Allemand, avait développé un début de pieds de tranchée, ses bottes ayant été georgées d'eau toute la journée. Une douleur aigue et une diffulculté à bouger ses pieds en furent les symptomes principaux, il passa la nuit près du feu; essayant ainsi de les faire sécher et par le fait même désenfler.

Jour 4

André va mieux ce matin après avoir passé la nuit près du feux, ses pieds ont retrouver leur taille normale, il doit toutefois les bander car d'énormes ampoules ont fait leur apparition aux endroits les plus sensibles. Exténuer des efforts de la veille, nous prenons la route à 11h15 am, décidé à ne parcourir uniquement que les trois heures de marche nous séparant de Narcissus Hut, prochain chalet sur notre trajet. Cette décision fut renforcée par une pluie naissante que nous rencontrâmes quelque part au long du trajet et qui finalement persévéra une bonne partie de la nuit. Cette journée anormalement courte, étant alors habituer de débuter nos journées de marche vers les 8h pour arriver au campement un peu avant la tombée de la nuit, nous aura permis de rencontrer Cass et Kate et de découvrir qu'André trimballait depuis le premier jours une guitare dans son bardas!?!? Nous passâmes la soirée au chaud à chantonner les succès des Beatles. La nuit ne fut toutefois pas aussi agréable que sa prélude, car constament réveillés par les cris et les acrobaties des souris en voulant à nos réserves de nourritures, le sommeil en souffrit beaucoup.

Jour 5 (6)

Lors de notre dernière journée sur l'Overland nous parcourûmes les 15 killomètres de sentier longeant le Lake St-Clair, avant d'arriver heureux à 12h30 au centre d'interprétation. Sans ressource pour retrouver notre véhicule se trouvant au commencement du parcours, nous dûmes lever le pouce dans l'espoir d'être pris en passagers par un bon samaritain. Nous travaillâmes notre chemin avec assez d'aisance jusqu'à Cradle Mountain, embarquant dans un premier temps abord d'un autobus guidé, participant par le fait même au parcours organisé. Nous dûmes toutefois nous arrêter pour la nuit dans un motel. Le lendemain matin ce fut un fan de musique disco qui nous offrit un transport, nous laissant à 40 km du Parc National. Bien décidés à nous rendre la journée même, nous commençames à marcher, les autos se faisant rares sur cette route secondaire. Deux heures et plus de 15 killomètre plus loin nous fûmes ramassés par un sympatique couple de retraités se rendant au parc pour la journée!

Quel chance, car la temps était à l'orage, Ha la température Tasmanienne!

Phil et Chevelure (Val)

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